La petite herboristerie de Montmartre


La petite herboristerie de Montmartre

Auteur : Donatella Rizzati
Traducteur : Léa Tozzi
Éditeur : Charleston
Genre : Contemporain
Nombre de pages : 415 pages

Paris, novembre 2004 Viola Consalvi passe pour la première fois la porte d'ube herboristerie tout près de la rue Lepic, à Montmartre. Pour cette passionnée de naturopathie, la découverte de ce lieu hors du temps est un véritable coup de foudre. Au contact de cet endroit magique et de sa propriétaire, Gisèle, la jeune fille étudiante est confortée dans son choix d'étudier la médecine alternative, choix que n'a pas accepté sa famille. Son diplôme en poche, Viola retourne à Rome et rencontre l'amour en la personne de Michel. S'ensuivent six ans de bonheur, qui volent en éclat quand Michel décède brutalement. Boulesversée, anéantie, Viola se sent basculer. Au plus fort de la tourmente, une idée lui traverse soudain l'esprit: et si elle retournait à Paris, là où tout à commencé?

Mon avis

La petite herboristerie de Montmartre est un roman publié  chez Charleston et étiqueté comme le roman feel-good de l'été. J'ai eu la chance de recevoir grâce à la masse critique de Babelio. Cela m'a permis de découvrir enfin une de leur parution qui me tentait tant! Merci également à ma copine Carnet Parisien pour m'avoir accompagné lors de cette lecture.

Viola n'a pas beaucoup de chance dans la vie. Contre l'avis intraitable de ces parents, elle quitte l'Italie et part en France pour étudier la naturopathie, sujet d'étude qu'elle affectionne énormément. La-bas, elle entrera dans une herboristerie qui deviendra très vite son point d'ancrage dans ce pays étranger. Elle trouvera en sa propriétaire Gisèle, une amie sincère. 

Quelques années plus tard, Viola a retrouvé l'Italie et est épanouie dans son travail, au côté de son mari. Mais tout d'un coup, ce dernier décède brusquement. Viola touche donc le fond. Et si la petite herboristerie de Paris était finalement le meilleur moyen de ce reconstruire.

Dernièrement, je me suis rendu compte que j'ai énormément de mal avec les livres étiquetés "feel-good" et ayant comme point de départ la mort d'un être cher. A croire qu'il faut que votre mari, ami d'enfance ou frère décède pour vous rendre compte que la vie est belle. Excusez-moi d'avance mais cela me rend perplexe et ce n'est pour moi pas ma définition de "Feel-good". A mes yeux, le terme "Feel-good" signifie qui réchauffe le cœur. Ou encore qui aborde le bonheur ou les sentiments positifs de la vie. 

Pour moi, La petite herboristerie de Montmartre n'est pas un roman feel-good. C'est une bonne lecture qui aborde le thème du deuil, de la reconstruction et de la médecine alternative. Mais ce n'est pas parce que ce n'est pas un roman feel-good qu'il ne m'a pas fait passer un bon moment.

Chaque chapitre du roman va intégrer des notions de naturopathie et d'iridologie. A la fin de chaque chapitre vous retrouverez une petite fiche pour réaliser des tisanes ou vous en apprendre plus sur l'iridologie (= l'art de lire dans les iris). C'est une des thématiques qui m'a poussé à découvrir ce récit. Etant professionnel de santé et très pragmatique dans la vie de tous les jours, je suis toujours curieuse de trouver comment soigner les autres par des méthodes plus douces.

J'ai apprécié certains aspects de la naturopathie, et je trouve intéressant de calmer les personnages avec les plantes. Mais les histoires sur l'ouverture des chakras et l’iridologie m'a pourtant laissé complètement hermétique. Je n'ai pas vu de logique dans les explications amenées par l'auteur au travers de notre héroïne. Et ce sentiment a été renforcé lorsque j'ai décelé une petite incohérence d'un point de vue médical pur. Dommage car j'aurais aimé en apprendre plus pour mener des recherches poussées. Mais cela n'a pas été le cas.

Extrait page 10:
"C'était une boutique visiblement ancienne, coincée entre un magasin moderne éclairé de néons et un élégant commerce de tissus d'ameublement. Elle n'avait pas l'air à sa place. On aurait dit un fragment d'une époque révolue catapulté malgré lui dans une rue du XXI siècle. Elle ne ressemblait à aucunes des herboristeries où j'étais rentrée jusqu'ici, dont les devantures débordaient de flacons de shampoing, de crème, de théières et de bougies parfumées. Celle-ci n'avait qu'une large vitrine encadrée de bois mauve décapé avec au milieu, un magnifique herbier enluminé- du moyen-âge sans doute- posé sur un lutrin qu'éclairait une lumière douce dans laquelle dansait une fine poussière dorée. Les pages étaient fripées, remplis d'illustrations de plantes et couvertes d'une écriture penché, presque illisible. L'enseigne indiquait simplement: FAMILLE FLEURET-BOURRY DEPUIS 1895"

 

J'ai par contre bien apprécier l'histoire et j'ai aimé suivre la reconstruction de Viola. J'ai trouvé ces bouleversements et ses questionnements sur sa vie professionnelle juste. Et ils ont même fait écho à certains des miens. La première partie a vraiment été très vite lu. J'ai apprécié que l'auteur ne passe trop de temps sur la période de deuil de Viola. Même si on sent la douleur encore présent dans le cœur de l’héroïne, les événements qu'elle va subir et les personnes qui l'entourent vont permettre petit à petit de relever la tête de l'eau. Et on ne reste pas dans un état de peine profonde, même si le lecteur l'a sent incruster dans le cœur de l’héroïne. 

La dernière partie est un peu plus centrée autour de la romance entre Viola et Romain. J'ai apprécié que la romance qui évoluait n'était pas trop précipité. Et j'ai beaucoup aimé le personnage masculin. Particulièrement parce que Romain n'entre pas dans les stéréotypes du belle homme parfait. Il est beau goss mais il est assez bourru et franc du collier et cela me la rendu touchant à mes yeux.

Une révélation de fin vient agrémenter le récit et  même si elle est bien menée, elle n'est pas forcément d'une grande originalité. Dans cette seconde partie, j'ai trouvé que les inquiétudes et doutes de Viola devenait trop présente. Il y a des fois, j'aurais aimé qu'elle tergiverse un peu moins et se recentre sur l’essentiel. 

La majorité de l'intrigue se passe à Paris et c'est quelque chose que j'ai énormément apprécié. J'ai, au travers de ces 350 pages, redécouvert les rues de Paris que j'aimais tant. J'ai revu ce charme qui lui est très caractéristique. Je pense que si l'intrigue c'était situé ailleurs, j'aurais beaucoup moins apprécié ma lecture. Elle m'a donné un petit gout de nostalgie et l'envie de revoir ces allées pavées.

Dans l'ensemble, j'ai beaucoup aimé la plume de Donatella Rizzati et ses réflexions sur la vie et le deuil que j'ai trouvé très juste. L'auteur a développé certaines émotions de manière juste et c'est ce qui a rendu cette lecture agréable.

En Bref,

La petite herboristerie de Montmartre est une agréable lecture qui évoque les thématiques de la reconstruction, de l'amour et des médecines alternatives. Même si j'ai apprécié l'ensemble proposé par Donatella Rizzati, il a manqué un petit quelque chose à cette lecture. Peut-être avais-trop d'attentes? Peut-âtre étais-je certaine qu'elle fasse partie de ces lectures marquantes et extrêmement touchantes.Mais cela n'a pas été le cas. J'ai tout de même passé un bon moment avec Viola, Romain et Gisèle et ce m'a permis de découvrir la naturopathie et l'iridologie, domaines que je ne connaissais pas du tout! 
 
13/30
 Un bon moment de lecture
 
La petite herboristerie de Montmartre

16 commentaires sur “La petite herboristerie de Montmartre

  1. Ta réflexion sur le deuil lié au roman feel good est très juste, je ne l’avais pas perçu comme ça mais c’est pourtant vrai… C’est plutôt du “feel better” du coup. Tu sais aussi que j’ai comme toi été hermétique à l’iridologie et ces histoires de chakras… En fait, mon avis est assez similaire au tien. J’ai aimé les mêmes éléments (la romance qui prend son temps), et j’ai été dérangée par les mêmes aspects. La reconstruction m’a moins touchée mais ça s’explique par les circonstances.
    Merci de m’avoir accompagnée dans cette lecture <3

    1. Oui, on a globalement la même façon de penser sur ce roman. Ce qui me rassure, car sur les quelques chroniques que je lisais, il y avait marquer roman feel-good de l’été et bien j’ai pas trouvé pour ma part! Je te remercie également pour cette lecture. <3

    1. Oui, il y avait vraiment de bonne idée sur le papier. Mais il ne m’a pas totalement convaincu. J’ai quand même passé un bon moment. Mais comme je lis très peu de contemporain. Je mets la barre haute! Merci pour ton commentaire. 🙂

  2. C’est un roman que j’ai aimé et en même temps, je l’ai trouvé par moment long… Les réflexions qu’il y a autour du deuil, des nouvelles chances et de la reconstruction m’ont plu mais je crois que je me suis ennuyée avec tout ce qui touche à l’herboristerie, les herbes. Je n’y crois pas en tant que personne et j’ai eu du mal à me familiariser avec ce côté là dans le livre :/

    1. Salut Anouk, je pense qu’on accroche pas totalement à ce roman si on n’aime pas le côté herboristerie. Comme toi ces passages là ont fini par me ralentir ma lecture. Dans l’ensemble j’ai quand même apprécié le roman. 🙂

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